Il est clair que les Québécois désirent une commission d’enquête sur les liens entre l’industrie de la construction et les acteurs politiques. Que des gens donnent à un parti politique est normal et même souhaitable pour la démocratie. Où ça accroche c’est lorsque ces dons sont fait dans l’espoir d’un retour gouvernemental, ou lorsque ceux-ci sont fait, via des prête-noms, pour des montants supérieurs à ce qui est permis. Est-ce que cela se produit vraiment? La réponse rapide est oui, mais où est la preuve? Quelles sont les sanctions appliquées à ceux qui agissent ainsi, et à ceux qui reçoivent cet argent. Aucune sanction, car sans enquête il n’y a pas de preuve. L’enquête « marteau » n’est que de la poudre aux yeux. Elle permet de coincer quelques poissons de la construction, mais qu’en est-il des garderies, des agences de sécurité, des députés et ministres, de leurs travailleurs de parti?
Les partis d’oppositions et la population exhortent le premier ministre à déclencher une commission d’enquête, et celui-ci refuse obstinément. Il est simple de le comprendre! Qui irait fournir les outils avec lequel il se pendrait. Le premier ministre est juge et partie. C’est à lui de déclencher l’enquête sur lui-même, ses ministres, ses députés, et les travailleurs de son parti. Son seul espoir, serait que cette enquête trouve le même genre de manigance chez les partis d’opposition. Ceux-ci sont actuellement beaucoup plus proches des syndicats et travailleurs, que des compagnies et patrons. On trouvera peut-être pourquoi les syndicats ont pu garder si longtemps la responsabilité d’assigner qui peut travailler sur tel ou tel chantier.
Une visite sur le site web du lieutenant-gouverneur permet d’y lire les pouvoirs qu’il détient. Ces pouvoirs sont « protocolaires » parce que c’est ainsi que nos gouvernements nous ont toujours présenté ces pouvoirs, mais légalement ils sont beaucoup plus que protocolaire. Si je me fie à ce qui est inscrit sur le site web du lieutenant-gouverneur, celui-ci a de réels pouvoirs. Le pouvoir politique est confié au premier ministre alors que le pouvoir protocolaire et administratif est confié au lieutenant-gouverneur. Il utilise normalement ces pouvoirs à la suggestion du premier-ministre, tel que la convocation, la prorogation et la dissolution de l'Assemblée nationale; mais rien ne lui empêche d’agir de son propre chef. Le premier ministre et les ministres sont ses « conseillers ». « Du point de vue constitutionnel, les membres du Conseil exécutif sont les ministres du lieutenant-gouverneur et, par le fait même, ses principaux conseillers. » texte tiré du site web.
« Il doit également se tenir au courant des préoccupations des Québécois et de l’activité du gouvernement du Québec. »
Le lieutenant-gouverneur nomme le premier-ministre, peut-être serait-t-il temps qu’il étire ce pouvoir en lui indiquant que cette nomination pourrait changer parce qu’il considère que celui-ci n’agit pas dans les intérêts de la population du Québec. Il est temps qu’il indique à celui-ci que cette commission d’enquête est dans les intérêts des Québécois.
Le lieutenant-gouverneur a un devoir de réserve. Il nous est tout à fait égal qu’il fasse cette démarche derrière des portes closes, à l’abri des regards des caméras, protégeant ainsi son image publique de neutralité. L’important est qu’il le fasse.
Site du Lieutenant-Gouverneur (rôle constitutionnel): http://www.lieutenant-gouverneur.qc.ca/roles-et-fonctions/role-constitutionnel.html